Tout le monde parle d'art et plus personne de beauté.

Les marchands vous répètent que le marché de l'art est mondial, les maisons de vente font exploser les enchères, les puissants mesurent leur pouvoir à la valeur de leurs collections privées, les grandes foires internationales affichent leurs artistes comme des trophées dans des listes folles, succédanés contemporains des listes de saints d'hier.

Le programme, demandez le programme, à la lettre B comme Bâle, vous aurez Barcelo, Barney, Barry, Baselitz, Basquiat, Beckmann, Bellmer, Boltanski, Beuys, Boetti, Bourgeois, Bustamante, Broodthaers, Brancusi, Boyce, Braque ; à la lettre P, Paik, Paladino, Penone, Petitbon, Picasso, Picabia, Pistoletto, Poliakoff, Polke, Pollock, Prince.

La beauté est devenue une idée archaïque, inaccessible, indifférente, insignifiante, un concept inutile et presque illégitime pour comprendre l'art. La beauté, on s'en fout, seul l'art sauve, semble dire notre époque. Pauvre beauté, l'art l'a dévorée depuis longtemps et avec elle ses critères, ses moyens et ses fins ; l'art est un ogre, tantôt sublime tantôt monstrueux, qui se moque bien de la beauté, une vache sacrée qui rumine les angoisses et les espoirs du temps présent. La beauté, qui croit encore à cette bluette ? Ce n'est plus qu'une rubrique cosmétique dans la presse féminine, un marché publicitaire qui vous vend l'immortalité sous la forme de la jeunesse éternelle, l'autre nom de la mode. La beauté, je la veux fatale sinon rien.

Dans une petite conférence intitulée Oeil ouvert et cœur battant, donnée au Collège des Bernardins dont Antoine Guggenheim rappelle joliment qu'il est une maison consacrée à la beauté et à la vérité, l'académicien François Cheng a le grand mérite de réhabiliter un peu la beauté, son rôle dans la grande aventure humaine, sa part créatrice dans la formation de chaque personnalité. Rappelant qu'il n'y a pas d'humanité sans désir de beauté, il formalise les principes d'une nouvelle éducation esthétique. Au fait papa, ça sert à quoi la beauté ?

La beauté est une école d'humilité et d'attention. “Il faut sauver les beautés offertes et nous serons sauvés avec elles. Pour cela il nous faut, à l'instar des artistes, nous mettre dans une posture d'accueil, ou alors, à l'instar des saints, dans une posture de prière, ménager constamment en nous un espace vide fait d'attente attentive, une ouverture faite d'empathie d'où nous serons en état de ne plus négliger, de ne plus gaspiller, mais de repérer ce qui advient d'inattendu et d'inespéré”.

La beauté nous apprend à aimer car elle est la conscience exaltée de ce qui est unique en chaque chose. “C'est avec l'unicité des êtres que commence la possibilité de la beauté. L'unicité transforme chaque être en présence, laquelle, à l'instar d'une fleur ou d'un arbre, n'a de cesse de tendre vers la plénitude de son éclat singulier, qui est la définition même de la beauté”.

La beauté est l'initiation la plus parfaite à la bonté.

Cheng cite Bergson à la rescousse : “le degré suprême de la beauté est la grâce mais par le mot grâce on entend aussi la bonté. Car la bonté suprême, c'est cette générosité d'un principe de vie qui se donne infiniment”.

La beauté nous prépare à la compassion universelle. Cette fois, c'est Nabokov qui arrive à la rescousse, Nabokov qui posait cette égalité, art = beauté + pitié, une pitié, commente Cheng, qui est le contraire de l'apitoiement, car “nous procurant un regard distancié , elle nous rappelle combien notre existence est précaire et précieuse à la fois”.

La beauté est une machine à produire de l'humanité. Sous les figures, elle révèle les présences, sous les problèmes, elle débusque les énigmes, rendant ainsi le monde plus habitable et la vie bien plus vive. “Grâce à elle, le monde est plein d'appels et d'attraits, plein de signes et de sens et notre existence se charge de désirs et d'élans” .

La beauté nous console de l'esprit trop raisonneur. Elle fait apparaître les choses dans leur fulgurance fragile et rend sensible l'élan vital qui les relie. “Tant qu'il y aura une aurore qui annonce le jour, un oiseau qui se gonfle de chant, une fleur qui embaume l'air, un visage qui nous émeut, une main qui esquisse un geste de tendresse, nous nous attarderons sur cette terre si souvent dévastée”.

La beauté nous aide, surtout, à décentrer notre regard. “Pour un œil occidental habitué à la peinture classique où les personnages sont campés au premier plan, le petit personnage dans le tableau chinois paraît complètement perdu, noyé dans la brume du Grand Tout. Mais avec un peu de patience et d'abandon, on s'aperçoit que ce petit personnage est le point névralgique du paysage, qu'il est l'œil éveillé et le cœur battant d'un grand corps. Si nous pouvons penser l'univers, c'est que l'univers pense en nous. L'homme est fait pour être le cœur battant et l'œil éveillé de l'univers vivant. Il n'est pas cet être déraciné, éternel solitaire qui dévisage l'univers d'un lieu à part”.


PAUL-HENRI MOINET - Tout le monde parle d'art et plus personne de beauté.


Lire aussi :

Oeil ouvert et coeur battant (Envisager et dévisager la beauté) - François Cheng

Une leçon de beauté sans maquillage




V comme Vérité, Vertu, Valeur, Validité et Véganisme

Le véganisme, c’est l’écologie véritable en action.

Il démontre la vertu et le courage d’un écologiste qui affronte et dénonce la vérité la plus dérangeante qui soit.

Sea Shepherd est l’une des très rares organisations de protection des océans au monde à promouvoir et pratiquer activement le véganisme – voire la seule.

Pourquoi? Parce que nous voyons les relations qui existent entre l’élevage et la pollution des océans, l’appauvrissement de la vie dans les mers, la destruction des forêts pluviales et le réchauffement climatique.

Le véganisme, c’est l’écologie véritable en action. Il va au-delà des débats sur le réchauffement climatique et l’appauvrissement de la biodiversité, et il fait réellement quelque chose pour régler les problèmes.

Les navires de Sea Shepherd sont végans depuis 2002, et avant cela, il y a toujours eu des options végans. Les navires étaient végétariens dès 1979.

Cependant Sea Shepherd n’est pas une organisation végan ou végétarienne, ni une organisation de protection des animaux ou de leurs droits. Nous sommes un mouvement de protection de la faune sauvage des océans et des écosystèmes marins.

Alors pourquoi tous les repas servis à bord des navires Sea Shepherd sont-ils végans?

La réponse, c’est parce que le végétarisme, et surtout le véganisme, sont des alternatives puissantes à la destruction des océans qui sont dévorés vivants par huit milliards d’êtres humains et leurs animaux domestiques.

La diversité dans nos océans s’appauvrit chaque jour un peu plus, et quand la diversité s’effondre, c’est au tour de l’interdépendance entre les espèces de s’effondrer, avec comme résultat la mort de l’océan.

Et un océan mort signifie la mort de toutes les créatures, quelle que soit leur taille, car si les océans meurent, nous mourrons tous. L’océan est le cœur de la planète, et il est la base de la vie, sur terre comme dans la mer.

Impitoyablement, nous pratiquons dans l’océan une pêche excessive, et bien souvent en toute illégalité. Toutes les activités de pêche commerciale dans le monde sont virtuellement au bord de l’effondrement. Nous polluons l’océan avec du plastique, des produits pétrochimiques, les ruissellements agricoles et nos eaux usées. Nous lui infligeons de l’acidification, de la pollution sonore, et nous détruisons les écosystèmes côtiers pour notre développement.

La position de Sea Shepherd, c’est qu’il faut fermer toutes les entreprises de pêche commerciale pour donner aux poissons une chance de récupérer. La seule pêche relativement "durable", c’est celle des artisans pêcheurs travaillant depuis de très petits bateaux à partir des petits ports d’Inde, d’Afrique, etc...

Il faut supprimer les grandes sociétés, les grands chalutiers, les senneurs, les palangriers, les grosses machines, les grands filets, les lignes de grande longueur et les navires usines si nous voulons sauver nos océans.

Mais qu’est-ce que cela a à voir avec le fait de manger un hamburger, des œufs au bacon ou du poulet? Ces créatures ne vivent pas dans la mer.

Pourtant c’est bien de la mer qu’elles tirent leur subsistance. Tout comme nous, ce sont des êtres terrestres qui tous ensemble dévorent la mer vivante, et ils le font contre leur volonté, pour le bénéfice de la créature la plus destructrice à s’être jamais aventurée dans l’océan – l’homo sapiens.

Un tiers de toute la vie marine capturée par l’industrie de la pêche est appelée "poisson fourrage" et on l’extrait de la mer dans le seul but de nourrir les porcs, les poulets, les visons, les renards, les saumons d’élevage, et les chats domestiques. En fait, les poulets mangent plus de poisson que les albatros, les porcs mangent plus de poisson que les requins, et les chats domestiques mangent plus de poisson que tous les phoques de la mer.

Il y a 1,5 milliard de vaches sur la planète, 1,2 milliard de moutons, plus d’un milliard de porcs, un demi-milliard de chiens, et 2 milliards de chats de race ou de gouttière.

Dix pour cent du poisson fourrage sert à nourrir les chats. Cinquante-cinq pour cent sert à nourrir les porcs, le reste va aux poulets, aux visons, aux renards, et aux saumons des fermes d’élevage.

Il y a 2 milliards de chats et un demi-milliard de chiens dans le monde, et moins de cinquante millions de phoques dans la mer. Il y a 18,6 milliards de poulets dans le monde, bien plus que tous les oiseaux de mer.

Lorsque vous mangez du poulet, vous mangez peut-être du poisson. Lorsque vous mangez du bacon, vous mangez peut-être du poisson. Lorsque vous buvez du lait ou que vous mangez des œufs, vous consommez peut-être de la faune sauvage marine.

Les pêcheurs se plaignent que les phoques mangent tout le poisson, Rien qu’aujourd’hui, il y avait 38 lions de mer dans le fleuve Columbia, et plus de 500 pêcheurs à la ligne avec leurs cannes à pêche sur la berge, mais c’est sur les lions de mer que le gouvernement tirait, parce qu’ils "mangent le poisson".

Et en plus de tout cela, vous avez le fait que l’élevage animal produit plus de gaz à effet de serre que l’industrie du transport. Si vous prenez en compte qu’il faut 13000 litres d’eau pour produire un kilo de viande de boeuf, ce gaspillage est tout simplement inacceptable.

C’est pour cela que Sea Shepherd a décidé, il y a des années de cela, que promouvoir le véganisme c’était mettre en pratique les bons principes éthiques de l’écologie.

Entre 2003 et 2006 j’étais directeur national du Sierra Club aux USA. Toutes mes tentatives de traiter l’impact environnemental de l’élevage animal ont été non seulement rejetées, mais moquées. Le Sierra Club a refusé tout net d’aborder le sujet de la croissance de la population humaine et de l’augmentation de la consommation de produits issus de l’élevage industriel comme facteurs significatifs du réchauffement climatique et de la destruction des écosystèmes.

Pourquoi?

Pour la même raison que celle pour laquelle Greenpeace, Conservation International et d’autres grandes organisations environnementales ignorent délibérément la vérité très dérangeante qui est que manger des animaux produit plus de gaz à effet de serre que toute l’industrie du transport. Même Al Gore a commodément négligé de mentionner ce fait très important dans son documentaire, "Une vérité qui dérange".

Pourquoi n’en a-t-il pas parlé, et pourquoi les grandes organisations refusent-elles de simplement aborder le thème de la relation entre le fait de manger de la viande et le réchauffement climatique?

C’est parce qu’elles ne veulent pas contrarier leurs donateurs. Leur grande crainte, c’est que cela leur aliènera leur base de donateurs.

Et ils ont probablement raison. Sea Shepherd a perdu le soutien de gens qui mangeaient de la viande, parce que notre message les avait irrités. Mais la différence entre Sea Shepherd et ces grandes organisations dans le déni, c’est que nous, nous voulons sauver nos océans et notre planète, même si ça dérange certaines personnes.

Le changement naît de l’action, pas des paroles. J’ai démissionné du comité de direction du Sierra Club parce que l’organisation environnementale la plus ancienne du pays, dont le fondateur, John Muir, était végétarien et anti-chasse, est maintenant pro-chasse et pro-élevage. Quand j’en suis parti, je les ai surnommés "Siesta Club Hunting and Conversation Society".

On ne sauvera pas la planète rien qu’en restant moins longtemps sous la douche, en recyclant nos déchets ou en conduisant une voiture électrique. Il faut un sacré nombre de douches courtes pour compenser les 13000 litres d’eau qu’il faut pour produire un kilo de viande de boeuf.

En réalité, un végan qui roule en gros 4x4 sur l’autoroute contribue moins à la création de gaz à effet de serre qu’un mangeur de viande qui se déplace à vélo.

L’industrie de la viande consomme plus d’eau que toute autre industrie sur la planète. Elle occupe plus de surface de sol. Elle produit plus de déchets. C’est elle qui produit le plus de gaz à effet de serre, particulièrement du méthane.

Il y a un nouveau documentaire qui vient de sortir, intitulé « Cowspiracy », qui enquête sur les contradictions au sein des grandes organisations environnementales qui refusent de soulever et de prendre au sérieux la question des relations entre l’industrie de la viande et les niveaux croissants des gaz responsables du réchauffement climatique.

Les réalisateurs traitent d’un sujet interdit, et mettent en évidence ce problème qui crève les yeux mais que les grandes organisations écologistes refusent délibérément de voir. Dans le film, on voit que Greenpeace n’accepte même pas de rencontrer les réalisateurs pour discuter du projet. Les réalisateurs se sont rendus aux bureaux de Greenpeace après que ceux-ci ont refusé de répondre à leurs e-mails, mais tout ce qu’on leur a dit, c’est que Greenpeace n’était pas intéressé par les discussions sur la relation entre la consommation de viande et le réchauffement climatique.

D’un côté, Greenpeace critique et réprouve ceux qui contestent le réchauffement climatique, et cependant ils choisissent de rester dans le déni du facteur qui contribue le plus au réchauffement climatique global.

Le client de McDonald en train de manger son Big Mac en portant un t-shirt Greenpeace est plus important pour les intérêts particuliers de Greenpeace que la résolution d’un problème contre lequel ils font campagne.

Les déjections porcines polluent de grandes étendues de nappes phréatiques, mais aucune de ces grandes organisations environnementales ne pointe du doigt le fait que manger du jambon soit la source du problème.

J’ai été élevé dans un village de pêcheurs, et nourri de homard, de poisson, de coquillages et d’algues. J’ai constaté la diminution constante de la vie marine depuis mon enfance, et ce que j’ai vu est effrayant. L’an dernier, j’ai consacré plusieurs mois à l’étude de la Grande Barrière de Corail en Australie, qui est en train de mourir. J’ai passé des mois à ramasser des déchets de plastique sur les îles Tonga et Samoa. Mon souci, c’est que l’océan est maintenant au bord du désastre.

Je prends au sérieux ce que j’ai vu, tout comme je prends au sérieux les changements du temps et la destruction des forêts pluviales. Alors quand je vois une des causes majeures de cette destruction et du réchauffement climatique, je suis d’avis qu’il faut s’en occuper, et pas l’ignorer ni la contester.

Mais être végan n’est pas une complète absolution pour ceux qui le pratiquent. C’est une contribution majeure vers une solution, mais nous ne pouvons pas ignorer le fait que la croissance des populations humaines implique plus d’agriculture industrialisée, d’engrais, de pesticides, de plastique et d’herbicides, qu’on utilise aussi bien pour l’agriculture que pour l’élevage, qui désertifient nos océans. Nous ne pouvons pas ignorer non plus les milliards d’oiseaux qui sont tués chaque année par nos chats chéris. Et tous, chaque jour, nous nous servons de sacs plastique à usage unique dont nous nous débarrassons de façon irresponsable. Nous conduisons des voitures et voyageons en avion.

En fin de compte, dès que vous avez votre certificat de naissance, vous êtes coupables de contribuer à la destruction de la planète. C’est un fait, tout simplement, et c’est ça notre péché originel, d’être nés dans un monde mené par la consommation.

Mais grâce à l’imagination, à la discipline et à la science, nous pouvons réduire notre impact sur la nature, et à mon avis le moyen le plus direct et le plus facile de le faire, c’est de prendre la décision très simple de ne plus consommer d’animaux élevés et abattus dans ces immenses abattoirs mondiaux par quantités si énormes.

Un écologiste exemplaire se nourrit de produits locaux, bio, végans.

Est-ce que cela coûte plus cher? Peut-être, mais ce que vous mettez dans votre corps est l’investissement le plus important de votre vie. Ce n’est pas le bon endroit pour y entasser des déchets toxiques. Les crématoriums envoient déjà chaque jour des tonnes de vapeurs de mercure et d’autres produits chimiques dans l’atmosphère.

Est-ce difficile? Oui, bien sûr. Changer vraiment, c’est toujours difficile, mais à moins d’assumer ces choix difficiles, l’avenir deviendra impossible, spécialement pour ceux qui naîtront plus tard.

Notre surconsommation d’aujourd’hui, nos abus, reviennent à voler les ressources dont auront besoin nos enfants et leurs propres enfants, qui hériteront d’une Terre pillée parce que leurs prédécesseurs ne se rendaient absolument pas compte à quel point leur façon de vivre était destructrice.



Teaser sous-titré en français de "Cowspiracy: The Sustainability Secret"


Sea Shepherd France
Samedi, 10 Mai 2014 08:39

Commentary and Editorial

"V"

"En renonçant à l’exploitation de notre découverte, nous avons renoncé à la fortune qui aurait pu, après nous, être transmise à nos enfants. J’ai souvent dû défendre nos conceptions auprès de nos amis qui prétendaient, non sans raison valable, que si nous avions garanti nos droits, nous aurions conquis les moyens financiers nécessaires à la création d’un Institut du Radium satisfaisant.
Mais je demeure convaincue que nous avons eu raison d’agir ainsi.
L’humanité a certainement besoin d’hommes pratiques qui tirent le maximum de leur travail sans oublier le bien général, sauvegardant leurs propres intérêts.
Mais elle a besoin aussi de rêveurs pour qui les prolongements désintéressés d’une entreprise sont si captivants qu’il leur devient impossible de consacrer des soins à leurs propres bénéfices matériels.
Peut-être ces rêveurs ne méritent-ils pas la richesse : toutefois une société bien organisée devrait assurer à ses travailleurs les moyens efficaces d’accomplir leur tâche dans une vie débarrassée des soucis matériels et librement consacrée au service de la recherche scientifique."

Marie Curie

Source : Femmes savantes










L'humanité a besoin de rêveurs




« Le monde est né de l'amour, il est soutenu par l'amour, il va vers l'amour et il entre dans l'amour. »

Saint François de Sales








Crédit Photos daintyjewellsblog.com

Le monde est né de l'amour


 Le milieu du dix-huitième siècle. A la frontière du Paraguay, de l'Argentine et du Brésil, les Jésuites tentent d'installer des missions avec plus ou moins d'acceptation de la part des Indiens qui vivent dans ces régions sauvages. Le Père Julian venant d'être crucifié et mis à mort, le Père Gabriel (Jeremy Irons), qui l'avait envoyé, décide d'aller lui-même au devant des Guaranis. Il finit par s'intégrer et bâtit la mission de San Carlos. Un jour, il apprend qu'à Asuncion, le capitaine Rodrigo Mendoza (Robert De Niro), ancien trafiquant d'esclaves, fait la grève de la faim après avoir tué en duel, par jalousie, son frère Felipe (Aidan Quinn). Il parvient à le persuader d'expier sa faute en devenant Jésuite et en servant ses anciennes victimes. Mais bientôt, la paix est menacée. Les rivalités entre Portugais et Espagnols pour l'attribution des terres provoque la venue d'un émissaire du Saint-Siège (Ray McAnally). Celui-ci visite les différentes missions mais ne peut que donner l'ordre au Père Gabriel de fermer la mission. Les Guaranis refusent et se préparent à la guerre...
    Avant d'être une Palme d'Or, éventuellement discutable, en tous cas discutée, "Mission" est avant tout un hymne simple et vibrant à l'amour rédempteur et au respect de l'autre. 
    Naïf, à l'image de ces Indiens qui ont offert leur confiance aux évangélisateurs, et ne comprennent pas pourquoi Dieu leur a demandé de construire cette église pour, quelques années plus tard, par la bouche du Cardinal, leur exprimer son désir de la voir détruire. 
    Emphatique, peut-être, à l'image du guerrier Mendoza, cruel, tyrannique, soudain touché par la Grâce, et traînant derrière lui, comme symbole du fardeau opprimant son âme, un amas pesant d'armes et d'armures. Capable du pire, il s'enfonce dans ce qu'il considère comme le bien avec autant de fougue que d'opiniâtreté. 
    Nébuleux, parfois, lorsque les différents intérêts, royaux, temporels ou religieux s'entremêlent, s'affrontent, se tempèrent, se corrompent, sans tenir le moindre compte des malheureux indigènes, considérés par la plupart des représentants d'Europe comme des animaux. Qu'importe la vie de quelques centaines d'êtres sans éducation, sans richesses, face à la menace qui pèse sur l'Eglise de ne plus maintenir son influence auprès des cours royales ? D'ailleurs, la justice est du côté de l'éradication, puisque, comme le souligne l'odieux Don Cabeza (Chuck Low), les missions sont l'oeuvre du Diable ! Une simple preuve : elles prônent la liberté individuelle et le mépris de la propriété ! Cette justification ne fait que renforcer cette autre aberrante constatation qui afflige les dignitaires religieux : le paradis créé par le Père Gabriel détourne ses habitants du Paradis céleste futur, le seul véritable, bien évidemment !
    Poétique, souvent. C'est la musique qui apprivoise ces Indiens farouches, cette sublime mélodie  qui s'élève du hautbois de Gabriel, tel un chant d'amour fragile et désespéré. Souvent inspiré, Ennio Morricone atteint ici une harmonie quasiment divine, qui s'allie avec un bonheur sans égale aux décors majestueux, et compose un pont éthéré entre le monde spirituel qui sommeille dans le personnage quasi mystique de Gabriel, et l'environnement matériel grandiose formant l'écrin de cette lutte dérisoire. 
   Profondément humaniste, toujours. Faisant se télescoper, sans grandes démonstrations, la notion civilisatrice que prône une religion uniquement préoccupée par le maintien de ses prérogatives, et le véritable éveil à l'évolution naturelle de l'individu. De Niro, sorte de monolithe impérial, se montre aussi sobre ici qu'il peut s'adonner au cabotinage dans certains rôles. Quant à Jeremy Irons, de son regard de braise jaillit le flot de compassion, de fermeté et de noble grandeur qui imprègnent tout son être. Précurseur de la non-violence chère à Gandhi, une phrase prononcée à la veille de la bataille, alors que Mendoza lui demande sa bénédiction, résume parfaitement son mysticisme pur : "Si la force est le droit, l'amour n'a nulle place en ce monde". A méditer...
   Inoubliable. 


Bernard  Sellier   
Source : Images et mots




    ( The  Mission )        
1986
de : Roland  Joffé,

avec : Robert De Niro, Jeremy Irons, Liam Neeson, Aidan Quinn, Cherie Lunghi, Chuck Low, Ray McAnally,

Musique : Ennio  Morricone 



Mission




“Le véritable poète a pour vocation d'accueillir en lui la splendeur du monde.”
― Johann Wolfgang von Goethe


Poète




« L’homme d’action parle de persévérance
Le sage parle de constance.
Le poète parle du dur désir de durer.
Le contemplatif parle de l'espérance.
 Moi, dit l'Amour, je te parlerai de tout cela sous ce seul vocable qui en exprime bien d’autres : la fidélité.
L’amour, dans ce qu’il a tout à la fois d’universel et d’intemporel, est une graine divine qui fait fleurir la vie depuis toujours et à jamais. Il est la preuve immanente que chaque homme est dépositaire d'une parcelle du tout. »

François Garagnon


http://facebook.com/lebeaudoitetrenotremonde

Fidélité



Rachel se marie au plus tendre des hommes, Heck, elle trouve en lui le mari idéal et l'avenir avec lui promet d'être heureux. Elle rencontre Luce, se lie d'amitié avec elle. Mais bientôt elles découvrent entre elles un sentiment plus fort, d'une toute autre nature.

Imagine me and you est un film sorti il y a dix ans.
Le mariage entre personnes de même sexe n'était pas encore d'actualité, ce droit était même plutôt une utopie. Autant dire, c'est un film de "l'époque"...
10 années  sont passées, l'eau a coulé sous les ponts. Et ce monde sans mariage pour tous paraît à présent presque lointain.

Quand je l'ai regardé (donc, à l'époque), l'amour entre deux femmes, ou entre deux hommes, relevait plutôt du parcours du combattant. Une série d'épreuves se dressait sur leur chemin de vie, les mettant généralement face à l'ignorance, aux préjugés et à l'incompréhension. La société ne voyait pas encore la relation entre deux personnes de même sexe, comme une relation d'amour, purement et simplement comme telle.
Sans vouloir être militant, ce bijou de la comédie romantique montre l'amour dans toute sa pureté, et dans sa vérité : rien ne lui résiste.
Luce et Rachel, somptueusement belles dans l'alchimie entre elles, nous transportent dans cette énergie vive et rayonnante entre elles. C'est certain, l'amour est une force qui obéit à ses propres lois et nous dicte à nous, humains mortels,  ses desseins irrépressibles. Dans une insondable toute-puissance. C'est dans l'innocence de la question de la petite Hech que cette idée est évoquée. Que se passe t-il quand une force irrésistible rencontre un objet immuable ?
Lena Headey, jouant Luce, la sensible et radieuse fleuriste, offre l'éclatante démonstration philosophique la plus rapide de tous les temps du cinéma. En 10 secondes chrono , par sa légèreté, par la plus simple des évidences,  elle vous fait saisir tout entier  le concept du paradoxe de l'omnipotence. Toute votre chair et votre âme captent toutes les teneurs de l'omnipotence en une fraction de seconde.


Donc, il existe bien une force toute puissante. Et puisque cette force est amour, alors l'amour est tout puissant aussi, et il pénètre les coeurs qui succombent à son désir. Désir de plaisir, de joie et de beauté.
Imagine me and you est aussi un film qui ose le mot "plénitude" C'est la première fois que je l'entendais dans un film. Pour moi, la deuxième délicieuse petite surprise philosophique du film.

Imagine me and you remplit allègrement sa mission de comédie romantique : nous transporter dans la légèreté et l'euphorie de l'amour . Et ici, il est de toute évidence, plénitude et toute-puissance.

Petite parenthèse sur Lena Headey (totalement perso, complétement hors sujet par rapport au film ), j'ai une affection particulière pour elle, elle cumule les bons points :) :  elle est végétarienne, soutien de Sea Shepherd et de Peta, elle a un tatoo de lotus sur son dos (bouddhiste ?) elle est  Sarah Connor de la série TV Terminator Chronicles de Sarah Connor , LE modèle utilme maternel de la jeune mère que je fus:)

Imagine me and you





« L’éternité ne garde que l’amour, car l’amour lui ressemble. »






« Le grand amour fait de mon cœur un autel pur. »





« Cet immense amour qui est blotti dans l’étable isolée de ma poitrine, ce merveilleux amour enveloppé dans les langes du sentiment, ce tendre nouveau-né appuyé sur la poitrine de l’âme a transformé la tristesse en allégresse dans mon for intérieur, le désespoir en gloire et la solitude en félicité. »






« J’ai bâti un temple entre mes côtes au nom de l’amour et Dieu l’a consacré si bien qu’il est protégé contre toutes forces. »

Khalil Gibran





Amour

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