ƒ LA TROISIÈME VOIE OU L’ANDROGYNE | Carnet de vie

LA TROISIÈME VOIE OU L’ANDROGYNE


LA LOI UNIVERSELLE

La théorie du Yin et du Yang est la Loi fondatrice de l’Univers et de tous les phénomènes qui s’y déroulent. Le mouvement alternatif du Yin et du Yang est l’origine même de la Vie. Toutes les choses, tous les processus présentent ces deux aspects. Tout ce qui existe peut être à son tour divisé en Yin et en Yang. Tout ce qui existe est à la fois yin et yang. S’engendrant mutuellement ils ne peuvent exister l’un sans l’autre s’opposant point par point, dans une complémentarité absolue et un équilibre relatif. Il n’y a pas de Yin ou de Yang purs. En effet, il y a toujours du Yin dans le Yang et de Yang dans le Yin. Ils sont donc l’un et l’autre relatifs. Le Yin n’est yin que par rapport à plus yang et inversement. Et ce qu’il faut bien comprendre, c’est qu’au delà de cette dualité apparente, intrinsèquement liés l’un à l’autre, ils réalisent l’unité totale de l’univers. Ce sont les deux facettes d’une unique réalité, comme la paume et le dos de la main. En effet,  ils unissent toutes les choses entre elles.   Tout fait partie du Tout de manière indissociable.

L’Homme n’échappe pas à cette Loi fondamentale qui est la source de son existence et qui lui garantit survie et développement, tant au niveau de l’espèce qu’au niveau de l’individu. Il est yang ou yin, mais aussi et surtout yin et yang à la fois. Il appartient à l’Univers procède de et participe à toutes ces manifestations auxquelles il est soumis.

LA SCHIZOPHRÉNIE HUMAINE

Pourtant quand on y regarde superficiellement, il faut croire que depuis que le monde est monde, l’humanité est coupée en deux. Les uns naissent hommes, les autres naissent femmes. C’est ainsi, dans cette fatalité biologique auquel nos chromosomes nous interdisent d’échapper et qui détermine définitivement tous nos comportements. Notre éducation, nous dressant à jouer un rôle exclusivement masculin ou exclusivement féminin sur le plan social, professionnel, familial et même sexuel, accentue encore ce qui semble être un déterminisme de la Nature. Si je suis un homme je ne dois rien montrer de féminin. Et inversement une femme ne doit jamais adopter une attitude réputée masculine. Ainsi, aux unes sont attribuées la douceur, la délicatesse, la souplesse, la faiblesse, considérées comme autant de valeurs négatives voire méprisables,  aux autres la rigidité, la force, la brutalité, la violence, valeurs masculines du guerrier, valeurs positives par excellence, voire valeurs suprêmes. L’autre sexe nous en est devenus tellement étranger que dire que les hommes et les femmes ne sont pas de la même planète est devenu une banalité acceptée par tous et toutes comme une évidence. On en publie même des livres où, à longueur de pages, on nous explique que l’une et l’autre ne peuvent qu’être séparés par un abîme d’incompréhension mutuelle. Mais telles sont les normes, que dis - je, les dogmes!

Depuis des millénaires nous ne fonctionnons ainsi quasiment que selon ces valeurs masculines en rejetant toute valeur féminine. Sont portées au pinacles les qualités du parfait guerrier toujours prêt au combat. Nous vivons depuis longtemps dans un univers de conquérants, de combattants, de gagneurs à tous prix. Seules comptent la compétition, la compétivité. Seuls les vainqueurs sont considérés. Ne parle - t - on pas aujourd’hui des loosers, pauvres hères inaptes à la survie dans un monde de brutes? Les héros ont toujours été des militaires, donc des tueurs. Aujourd'hui, ce serait plutôt les grands requins de la finance. Ce sont toujours des prédateurs. Celui qui se refuse à jouer le jeu de l’agressivité est un lâche. On le fusille ou on le ruine. Bref on l’abat d’une façon ou d’une autre, il ne mérite pas de vivre. Nous pouvons nous inquiéter d’ailleurs qu’au nom de leur libération, les mâles imposent ces valeurs à leur compagnes. Mais par ailleurs, s’il ne fonctionnait que sur un mode réputé féminin, il y a fort à parier que les choses n’en iraient pas mieux pour autant. Il y aurait toujours déséquilibre. C’est une parfaite illusion que de croire que seules les valeurs féminines peuvent sauver notre pauvre planète de la catastrophe généralisée qui semble s’annoncer. La masculinité est battue en brèche et cela n’arrange pas les choses, bien au contraire

Les différences biologiques, seulement biologiques, ont toujours été vécues sous le signe de la peur, de la menace, de l’exploitation jusqu’à la servitude pour le féminin sous le joug du masculin. L’un et l’autre vivant dans son carcan, on peut se demander où a été le maître et où fut l’esclave. Pendant des siècles de religions patriarcales le bien était du côté mâle et le mal femelle. Il y a là sources de rejet, de discrimination, de ségrégation, d’exclusion. En effet, je ne puis me poser en tant qu’être sexué, qu’en m’opposant. Si je suis du masculin je ne puis être en quelque façon que ce soit, même un tanyt soit peu, du féminin. Et les observations de Monsieur Freud étaient justes. Toutes nos névroses ont bien une origine sexuelle. Ce sont ses conclusions qui étaient fausses. Machiste pur produit du judéo - christianisme, il était bien trop loin de la Nature et de ses phénomènes, pétri de scientisme et bardé de ses certitudes pour y comprendre quoique ce soit. Nous sommes, hommes et femmes, handicapés de cette ignorance de notre double nature. Et chacun, dans cette effrayante normalité, à la recherche perpétuelle de son alter ego dans ce qu’il appelle “l’amour”, vit plongé dans la solitude abyssale d’une dualité schizophrénique.

Il est clair que nous ne trouverons jamais vraiment notre place dans le classique et incontournable schéma binaire homme / femme, masculin / féminin simplement parce qu’il ne correspond en rien à l’Ordre naturel, parce qu’il n’est rien d’autre qu’un schéma imposé par la société qui privilégie depuis des millénaires des valeurs prétendues exclusivement masculines,  parce que la partie opposée à notre identité purement biologique ne peut s’y exprimer. Nous ressentons douloureusement notre dualité comme une amputation d’une partie de nous - mêmes, une douleur diffuse et obsédante, comme un très léger mais permanent mal de tête, dans l’insatisfaction d’une perfection qui reste fantasmée. Là à mon avis toutes nos névroses. Il y a bien perte, mais non  pas d’un organe, le phallus en l’occurence, mais perte de la moitié de notre personnalité. Ne tentons - nous pas de guérir de ce ressenti permanent d’incomplétude anxiogène qui nous pousse dans les bras de l’Autre sans jamais y remédier? Ne sommes - nous pas tous à la recherche désespérée et désespérante de cette autre partie de soi, opposée mais complémentaire de la première et sans laquelle nous ne pourrons jamais exister totalement?  Ce besoin de fusion avec l’être aimé, jamais réellement comblé, n’est sans doute rien d’autre que cette recherche d’une unité perdue. Ne sommes - nous pas à la recherche de notre double parfait dans l’autre sexe?

Et la sexualité telle que nous la concevons encore, dans l’hétérosexualité, l’homosexualité, la bisexualité peu importe ces points de détails, n’est - elles pas une déviance par rapport à cet Androgynat primordial par lequel nous pouvons retrouver une sexualité transcendée, pleinement épanouissante quelque soit notre orientation sexuelle? Nous retrouverons alors le véritable orgasme, mêlant le plaisir masculin à la jouissance féminine dans un même corps, dans un même esprit réunifiés. Ce serait alors, en redevenant des êtres vivants complets, se dépouiller de ses sens grossiers pour en acquérir ou en retrouver de plus subtils, plus raffinés, plus... féminins. Et revenir à notre complétude sexuelle. Autant de sujets sur lesquels nous reviendrons également ultérieurement.

LA TROISIÈME VOIE

La Nature est bien faite et elle va toujours dans le sens d’un plus haut degré de développement. Aussi, je ne doute évidemment pas un seul instant que la bipolarisation sexuelle, avec ses conséquences, ait été une étape nécessaire de l’évolution dont la Vie avait et a toujours besoin pour la reproduction de deux êtres génétiquement différents, parents d’un rejeton en partie fruit du calcul chromosomique et donc pour la survie et la pérennité des espèces dans leur bio - diversité.  Prétendre le contraire serait d’une absurdité totale. Il est plus que probable qu’il fut même  nécessaire cette bipolarisation, dans notre espèce, soit poussé à son extrême.

Mais je ne doute pas davantage qu’aujourd’hui, une nouvelle étape de l’évolution se dessine. Car il existe une Troisième Voie, conforme à l’Ordre de la Nature. La Vie n’est possible que dans la coexistence harmonieuse du Yin et du Yang. Rien n’est exclusivement yin, rien n’est exclusivement yang. Mais tout est Yin et Yang à la fois. A la Genèse de notre histoire humaine, cet équilibre Yin / Yang était parfaitement respecté. Les sexes n’étaient donc pas aussi différenciés, par des comportements aussi fixés par la culture. La Vie est parvenue, à mon sens, à la fin d’un cycle. La loi de l’alternance jouant, nous ne pouvons que revenir à cette Troisième Voie des Origines.

C’est la Voie de l’Androgyne. L’Androgyne est cet être légendaire, fabuleux dans son immortalité, à la fois mâle et femelle, trouble, attirant jusqu’à la fascination qui revient de façon récurrente non pas du fond des Âges, mais d’un mythique Âge d’or fait d’harmonie, de parfait équilibre, à l’abri de la douleur.  Un Être sorti de l’Absolu. Plus qu’un dieu, pour réunir ainsi en une seule et même entité toutes les qualités du mâle et de la femelle,  la force de l’homme  à la douceur de la femme. Toutes les grandes Traditions nous décrivent l’Androgyne primordial, Platon, la Genèse, la Thora, le Tantrisme ou encore le Taoïsme et la liste n’est pas exhaustive. Le mythe est universel, intemporel. Aujourd’hui encore, la plupart des tribus dites “primitives” identifient et honorent le transsexualisme, l’androgynie, le travestisme, dans la personne dite “aux deux esprits”. Celle - ci leur est sacrée, à l’égal des divinités. Ce que nous considérons comme étrange phénomène de la Nature, ou comme une aberration, voire une perversion sexuelle, correspond en fait à la réalité de notre nature profonde.

L’Être humain, à l’aube du XXI° siècle de notre ère, a dépassé le stade de la simple copulation dans sa sexualité. Cette Troisième Voie, au delà du féminin et du masculin, du positif et du négatif, du bien et du mal du faible et du fort, du vulnérable et de l’invulnérable, du dominant et de la dominée où plus personne ne sera plus jamais défini comme “la moitié” aliénée systématiquement de l’autre, commence à se dérouler sous nos yeux. Et là est la véritable révolution sexuelle.

Notre humanité ne peut se développer harmonieusement que s’il existe un parfait, et relatif, équilibre entre les forces yin et les forces yang. Or, nous le voyons clairement, nous ne permettons plus à ces deux forces de coexister pacifiquement. Nous les opposons l’une à l’autre ce qui entraîne ipso facto une logique d’exclusion et de guerre entre les sexes. Ces fonctionnements conventionnellement sexués ne sont pas innés, mais  en grande partie acquis. Pour la plupart, ce ne sont que des déviances patriarcales par rapport à l’Ordre naturel fondamental.

Nous pouvons donc prétendre sans nous tromper, que tout être humain est originellement tout à la fois mâle et femelle donc androgyne et qu’il est en train de revenir à sa nature originelle. Et la biologie nous le démontre. Dans le ventre maternel, au premiers mois de notre existence, nous ne sommes biologiquement ni mâle ni femelle. Nous sommes tous femelle à notre conception, ce qui revient à dire que nous ne sommes ni mâle ni femelles jusqu’à ce que s’opère la différenciation sexuelle au cours de la vie fœtale, différenciation cultivée tout au long de notre éducation. Nous sommes tous de natura androgynes. Au passage, observons la primauté du féminin sur le masculin. Nous reviendrons sur ce sujet.

Peu à peu l’humanité accepte le fait qu’il n’y ait pas de valeurs spécifiquement masculines ou spécifiquement féminines mais qu’elles appartiennent indifféremment à l’un ou l’autre sexe. Les frontières entre filles et garçons ont tendance à s’estomper. Et les jeunes générations qui se libèrent fort heureusement des stéréotypes de leur propre sexe, effacent patiemment des millénaires d’aparteid sexuel. Sans doute est - ce dû, en partie, avec l’acceptation d’une sexualité non procréative et des formes de sexualité non hétérosexuelles qui sont autant de tâtonnements d’une humanité à la recherche d’elle - même. On note également que même dans le jeu sexuel, les rôles ont parfois tendance à s’inverser. L’homme peut y être passif et la femme active. C’est dire à quel point ces vieux schémas qui plongent leurs racines dans le passé de notre espèce sont remis en cause. Dans les études psycho - sociologiques, on tient de plus en plus compte de la dimension androgyne de la personnalité. On va jusqu’à parler de “personnalité androgyne”.

Ce serait une erreur de croire que la personnalité androgyne emprunte les caractéristiques de l’autre sexe, vêtements, expressions, postures, etc... et se les attribue. Erreur trop souvent commise par nos modernes psychologues. L’Androgynie n’est pas un simple copier / coller. Au delà des apparences et de nos concepts qui datent d’un autre siècle, nous voyons bien que la personnalité androgyne ne se contente d’imiter pas l’autre sexe. Elle ne s’identifie pas non plus au genre sexuel opposé à son sexe biologique. Elle se réapproprie des caractéristiques dont son sexe a été dépouillé au fil des temps.

Dans ce processus très lent, mais l’histoire humaine se compte en milliers d’années,  les individus sont de plus en plus intrinsèquement bipolaires, masculin / féminin et féminin / masculin. Si le mouvement se poursuit, nous parviendrons sans aucun doute à l’heureux équilibre de l’androgynie, tant au niveau de l’individu qu’au niveau de l’humanité tout entière. La face du monde en sera vraisemblablement changée. Car il est probable que cette évolution, tout en continuant de s’appuyer sur les différences biologiques nécessaires à notre survie, se poursuive. L’humanité ne peut que renoncer de facto aux différences artificielles entre les sexes et donc au barrières qui les séparent simplement parce qu’elles n’ont déjà plus aucune utilité, aucune justification.  C’est sous le regard heureux d’un homme du XX° siècle qui a connu la société patriarcale de jadis,  que l’homme se féminise et que la femme se masculinise. Je veux dire en cela que l’homme accepte sa féminité et la vit en créant, que la femme découvre sa virilité en créant autre chose.


Ils créent, ils se créent, les conditions d’une véritable rencontre pour une véritable union entre eux. L’un et l’autre peuvent désormais s’aimer eux - mêmes dans leur totalité et peuvent donc désormais aimer l’Autre dans sa complétude. Leur transformation s’accomplit bien au delà du biologique. C’est le couple androgyne qui est en train de se former. Ce couple là n’a d’autre finalité que de se créer lui - même, de s’autoféconder, caractéristique de l’Androgyne s’il en est. Ce couple là est une véritable œuvre d’art. L’amour mâle s’y reproduit désormais par sa féminité et, inversement, l’amour femelle s’y reproduit par sa masculinité. Éternel et intangible principe du Taoïsme qui veut que le Yang se reproduise par le Yang et le Yang par le Yin. Retour à un processus naturel, universel, intemporel. Ainsi ré-apparaîtra  le véritable Androgyne, l’Androgyne intérieur. Dans sa parfaite fusion entre animus et anima, fils / fille du Soleil et de la Lune, de la Terre et du Ciel, il sera le  véritable reflet de l’harmonie universelle.

Avec l’Androgynie, cessera cette recherche désespérée et désespérante de son parfait reflet en l’autre,  disparaîtront le mal être et son cortège de violence, de jalousie, d’agressivité, d’auto et l’hétéro destruction. La guerre des sexes, la guerre du sexe, la première de toutes, prendront fin d’elles - mêmes. En effet, il n’y aura plus entre deux Androgynes ce besoin destructeur de conquérir, de refaire l’Autre selon l’image fantasmée que l’on en a puisqu’il / elle sera à notre image, nous serons à son image. Il sera facile de s’abandonner, d’avancer sans masque, de vivre généreusement, de s’ouvrir à cet Autre son semblable et pourtant différent. L’Androgynat est une forme, sans doute la seule forme recevable, de la sainteté, de la sainteté au quotidien qui respecte tout ce qui est vivant, voie royale du milieu chère au Bouddhisme et au Taoïsme. Et à bien d’autres.

Je fais un rêve.


Le rêve d’un monde pacifié, serein, épanoui, transcendant sa dualité dans une unité totale de chacune parties avec le Tout. La Troisième voie, celle de l’Androgyne est ouverte. Ce n’est pas celle, naturellement, de l’hybridité des corps mais celle des âmes. Celle des corps uniquement axée sur le sexe fermerait la porte à l’Amour. Celle, reconstituée, des âmes, c’est  l’Amour lui - même. Ressuscité.

F.d’Alayrac

Source : Nexus Sexus

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